L'inspecteur ne renonce jamais (épisode 1)
Par Cécile / Lucie / Colette / Aurelio / Thomas / Jean-Paul / Annie-Claire, jeudi 12 juin 2008 à 19:59 /// Synesthésie /// #416 /// rss

Enfin, Synesthésie revient !
L'attente a été longue et le pire c'est que ce n'est pas fini : le dernier opus que nous vous offrons est constitué de sept épisodes qui seront publiés chaque jour pendant une semaine.
A l'initiative de Jean-Paul, nous avons travaillé pour vous proposer une sorte de cadavre exquis en reprenant les aventures de l'inspecteur Verzinski.
Résumé de l’épisode précédent :
L’inspecteur Thierry Verzinski, en charge du dossier « TV can’t dance », échoue à prévenir la vague d’attentats qui vient s’abattre sur le territoire français ; sombrant dans un délire paranoïaque, il est interné dans un hôpital psychiatrique.
Episode 1 / Jean-Paul :
Lorsque Verzinski fut enfin autorisé à quitter l’hôpital Jacques Chirac, le directeur en personne vint lui serrer la main, et le féliciter pour son rétablissement spectaculaire ; on l’invita ensuite à récupérer ses effets personnels, consignés depuis son entrée dans l’établissement : une veste en cuir noir fatigué, un pantalon en velours côtelé brun, un Magnum 357 (vide) et sa plaque d’inspecteur de la PJ, immatriculée au 36, Quai des Orfèvres. A la vue de ces deux derniers objets, Verzinski éprouva une surprise qu’il se garda bien d’exprimer – depuis quand rendait-on à un ex-flic, après dix ans d’HP, sa plaque et son flingue ? Les aberrations du Système semblaient donc s’être maintenues depuis tout ce temps ; aussi, avant que quiconque ne s’aperçût de l’erreur, il glissa le Magnum dans sa poche. C’était un peu comme ce crétin de psychiatre dont il était finalement parvenu à se défaire en lui racontant ce qu’il voulait entendre : ni vu ni connu... Il devenait clair que le pays tout entier, sur lequel aucune information n’avait filtré jusqu’à lui pendant ses dix ans d’internement, devait partir à vau l’eau si tous les fonctionnaires atteignaient un tel niveau d’incompétence. Rien à voir avec le temps où, bien avant les attentats... Mais il arrêta là le cours de ses réflexions qui commençait à suivre une mauvaise pente – et cela ne fut pas difficile, car il avait l’habitude de cette auto-discipline, qu’il maîtrisait bien maintenant, et l’empêchait de subir à nouveau l’une de ses crises.
Verzinski enfila son pantalon, et fit retomber la veste sur ses épaules en fermant les yeux : ce cuir usé, souple et familier, qui puait le renfermé, libéra dans son esprit une nuée de souvenirs... Il se sentait déjà dehors, comme un ex-taulard ; il se sentait déjà mieux. On l’accompagna jusqu’à la porte principale, un garde lui ouvrit d’un air indifférent, et il se retrouva enfin de l’autre côté du mur.
La première chose qu’il vit alors fut un panneau de signalisation, indiquant d’une flèche la direction « République ». Juste en-dessous le mot était traduit en sept ou huit langues, parmi lesquelles il reconnut l’arabe, le chinois, l’indien et l’anglais.
Interloqué, Verzinski remonta le boulevard en direction du centre-ville, sans parvenir à situer sur la carte mentale du Paris qu’il connaissait si bien dix ans auparavant, son parcours actuel. Tout était semblable, sans pour autant correspondre à rien de connu ; Verzinski n’aimait pas ça, et il serrait dans sa poche son arme dont il regrettait que le chargeur fût vide. Soudain, une sonnerie de téléphone retentit quelque part dans sa veste.

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