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Le 30 juin 2007, Zaléa TV a cessé d'émettre sur le canal 79 de la Freebox.

La fin de programme était un peu bordélique, on passait un bout de Noam Chomsky, entrecoupé par des images impromptues du studio et des sautes de son. Il avait un peu de mal à parler ce monsieur si sérieux avec sa jolie raie, mais bon, il disait un peu la même chose que d'habitude: "les médias, le monde" alors on n'avait pas vraiment besoin de savoir, juste de l'invoquer un moment, comme on invoque un dieu païen au croisement d'une route.

Et puis il fallait que quelqu'un donne le mot de la fin et ça c'était pas gagné parce qu'à Zaléa TV, c'est rare que les gens soient d'accord, c'est bon pour les abrutis d'être d'accords, alors tout le monde y allait de sa petite phrase, de son slam, de son avis. On chante un peu l'internationale parce que quand même, il faut pas déconner, et puis il y a le vieux là, qui fout toujours le bordel et qui coupe la parole aux gens qui a commencé à scander "abrutis, abrutis" à destination des spectateurs. Nous, on étaient plutôt d'accords, parce que ça nous fichait un coup que ça s'arrête ce joyeux bazar, ça nous sonnait un peu de penser qu'il n'y aurait plus les programmes foutraques et malins, faits maison par un peu tout le monde.

Et puis la caméra a commencé à errer à le recherche d'une dernière image à emporter avec elle. Elle a fixé un moment le logo de Zaléa en carton et papier couleur façon loupiote, puis elle est a jeté un oeil par la fenêtre sur les voies de chemin de fer abandonnées de la SCNF qui sont devenues depuis un joli terrain de jeux pour les enfants du quartier.

Du dehors, l'immeuble de Zaléa qui héberge aussi le MIB (Mouvement de l'Immigration et des banlieues), FPP (Fréquence paris Plurielle), Co-errances et Réseau 2000, il existe plus depuis quelques mois. On l'a recouvert d'un joli imprimé qui vante les joies du "jardin d'Eole" qui va s'étendre bientôt là. Disparu l'immeuble, pendant des mois les habitants ont du faire des tours et détours pour entrer entre deux tas de gravas et des barrières de chantier. Et puis voilà, tout le monde dehors.

Alors la caméra fixait les pelouses toutes neuves quand l'image est devenue fixe avant de disparaître. Après, il y avait quelques images, plus de direct.

Il était minuit passé, on était en juillet, quand les jours raccourcissent...


La photo