Docteur ès manipulation
Par Cécile / Lucie / Colette / Aurelio / Thomas / Jean-Paul / Annie-Claire, dimanche 17 juin 2007 à 18:48 /// Synesthésie /// #307 /// rss
Jean-Paul s'en inspire pour une vidéo et moi pour une photo.

Cela fait maintenant plusieurs mois que je suis les aventures du Docteur "Maison" (House en V.O.) et je suis à la fois fascinée et mal à l'aise.
Car ce qui fait avant tout le succès de Grégory House (grâce au talent du comédien Hugh Laurie) c'est qu'il s'affirme comme un excellent manipulateur drogué de pouvoir et même drogué tout court. Dès ses premiers essais (http://www.youtube.com/watch?v=3Iwqj9i4QDc), le comédien campe un personnage très sûr de lui, froid, analytique, et manipulateur.
Une des expériences les plus glaçantes en terme de manipulation psychologique est celle de Milgram (lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Expérience_de_Milgram). La plupart des cobayes ainsi testés ont infligé des chocs électriques extrêmement élevés, prouvant bien que le nazisme n'était pas un problème totalement étranger à la nature humaine. A l'hôpital du Docteur House, cette situation est quasi quotidienne.
Tout au long de la série, il ne cesse de faire pression sur ses subordonnés, et les pousse à adopter des comportements réprouvés pas la déontologie. Il n'est pas non plus rare qu'il prescrive des traitements qui provoquent un arrêt cardiaque dans un épisode sur deux (il faut reconnaître que ce genre de situation est parfait pour mettre un peu d'action entre la 15ème et la 20ème minute). Mais il excelle surtout à titiller professionnellement et personnellement ses subordonnés jusqu'à les amener à un état émotionnel fragile où ils sont plus facilement manipulables.
Il ne se passe pas un épisode sans qu'il ne les force à suivre ses ordres, même si eux-mêmes ne sont pas convaincus ou jugent le traitement dangereux, en leur affirmant qu'il n'existe aucune alternative. Ils cèdent généralement, la pression aidant.
La tension de la série tiendrait alors à ce dilemme central : jusqu'à quel point peut-on faire souffrir une personne et mettre sa vie en danger pour la soigner, au nom de "l'intime conviction" ?
SI l'on se réfère au schéma des épisodes, il varie peu en terme de rythme et de rebondissements. Les noms des maladies changent mais la structure narrative demeure, comme dans ces romans policiers qui répètent inlassablement le même canevas. En revanche, House ne cesse jamais d'expérimenter de nouveaux jeux de pouvoir, qu'un de ses amis et collègues s'installe chez lui et c'est tout un jeu mesquin de chat et de la souris qui se met en place. Qu'un de ses anciens amours réapparaisse et il met en place tout un dispositif psychologique autour d'elle pour la piéger.
Après quelques épisodes, on réalise que le but de la série n'est pas de nous parler de médecine, mais bien de manipulation. Et sur ce sujet, les scénaristes de la série sont manifestement des gens plutôt doués.
La vidéo
La photo


Commentaires
1. Le lundi 18 juin 2007 à 12:57, par Ed Eike
2. Le lundi 18 juin 2007 à 19:26, par M
3. Le mardi 19 juin 2007 à 12:19, par Dr Leninstein
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