L'invité
Par Cécile / Lucie / Colette / Aurelio / Thomas / Jean-Paul / Annie-Claire, dimanche 18 mars 2007 à 21:42 /// Synesthésie /// #213 /// rss
Mélange des genres cette semaine !
C'est Thomas qui honore la création collective avec une photo "L'invité". Jean-Paul mixe le tout et nous propose une musique ; de son côté, Cécile met en scène l'univers sonore de la photo. Pour ma part, je prends le stylo pour une nouvelle.

C'est Thomas qui honore la création collective avec une photo "L'invité". Jean-Paul mixe le tout et nous propose une musique ; de son côté, Cécile met en scène l'univers sonore de la photo. Pour ma part, je prends le stylo pour une nouvelle.

La photo

La musique
La création sonore
La nouvelle
Tout au bout du tunnel, la lumière.
Des années qu'il errait d'un tuyau à l'autre avec l'espoir à chaque instant de trouver la sortie.
A force de ne plus échanger de pensée, il avait fini par se délabrer, et avait beaucoup de peine à assembler les phonèmes pour constituer la moindre phrase. Dire qu'il y a quelques années, il animait un talk-show. Mais de cela, il ne se rappelait plus très bien. Certaines plages de séquences étaient encore accessibles en entier mais pour la plupart il ne restait que des bribes. Parfois, il essayait de les reconstituer, comme un puzzle. Alors, quand il y arrivait, il se trouvait impertinent et novateur, il ne se souvenait plus pourquoi on l'avait mis au placard, pourquoi il en était arrivé là. Le souffle de la gloire lui revenait, les applaudissements, les milliers de postes allumés et lui à l'écran. On l'avait aimé ; à une époque, il était le futur.
Et maintenant il n'était plus qu'une icône déchue dont le nom ne disait plus rien à personne, sauf aux plus anciens. Il se rappelait qu'il avait grisé, et aussi qu'il s'était laissé manipulé par une marque de boisson gazeuse au cola et par des pirates.
Il n'avait rien vu venir.
Découvert en Angleterre puis diffusé à grande échelle aux Etats-Unis, son parcours ressemblait à celui d'une rock-star. Mais il n'était en réalité qu'un programme, un programme à qui on avait donné une apparence humaine. C'était tellement innovant à l'époque, ce programme qui errait dans les réseaux et apparaissait dans les terminaux avec un visage humain. Le public s'imaginait qu'il s'agissait d'un simple trucage, d'un acteur qu'on avait filmé et incrusté dans les téléviseurs. Les gens ne se rendaient pas compte qu'il existait réellement, mais de manière virtuelle. Mais quand tout a commencé à retomber, que son image, trop galvanisée, ne valait plus rien, qu'on a interrompu la diffusion de la deuxième saison de sa série, il n'a pas mesuré le danger qu'il encourrait. Les lumières se sont progressivement éteintes autour de lui ; subitement, il n'avait plus aucune diffusion. Un jour, il a pris conscience qu'il était enfermé dans le réseau, que tous les terminaux étaient fermés, qu'il ne pouvait plus apparaître.
Au début, il a cru que c'était une erreur, que la situation était passagère et que le public finirait par réclamer le retour de Max Headroom.
"Le retour de qui ?"
Il n'était plus rien, même pas un has-been. Il n'existait plus.
Il avait cru, avec l'essor d'Internet, pouvoir revenir sur les écrans. Mais ça ne lui avait rien apporté. Les réseaux étaient désormais plus denses, cela devenait de plus en plus difficile de circuler parmi toutes les données et surtout de ne pas s'éparpiller. Parfois, il se sentait aspiré par la lumière mais cela se confondait avec les moments où il se perdait dans ses séquences de souvenirs. Il avait fini par déduire que ces moments étranges, de lumière et de souvenirs, devaient être dû à de la rediffusion, sur des sites comme youtube ou daily motion. Ces moments étaient désagréables, il avait l'impression de tourner en boucle.
Néanmoins, il se disait qu'à force, quelqu'un finirait par le mettre en fond d'écran et c'était le mieux qu'il pouvait espérer.

La musique
La création sonore
La nouvelle
Tout au bout du tunnel, la lumière.
Des années qu'il errait d'un tuyau à l'autre avec l'espoir à chaque instant de trouver la sortie.
A force de ne plus échanger de pensée, il avait fini par se délabrer, et avait beaucoup de peine à assembler les phonèmes pour constituer la moindre phrase. Dire qu'il y a quelques années, il animait un talk-show. Mais de cela, il ne se rappelait plus très bien. Certaines plages de séquences étaient encore accessibles en entier mais pour la plupart il ne restait que des bribes. Parfois, il essayait de les reconstituer, comme un puzzle. Alors, quand il y arrivait, il se trouvait impertinent et novateur, il ne se souvenait plus pourquoi on l'avait mis au placard, pourquoi il en était arrivé là. Le souffle de la gloire lui revenait, les applaudissements, les milliers de postes allumés et lui à l'écran. On l'avait aimé ; à une époque, il était le futur.
Et maintenant il n'était plus qu'une icône déchue dont le nom ne disait plus rien à personne, sauf aux plus anciens. Il se rappelait qu'il avait grisé, et aussi qu'il s'était laissé manipulé par une marque de boisson gazeuse au cola et par des pirates.
Il n'avait rien vu venir.
Découvert en Angleterre puis diffusé à grande échelle aux Etats-Unis, son parcours ressemblait à celui d'une rock-star. Mais il n'était en réalité qu'un programme, un programme à qui on avait donné une apparence humaine. C'était tellement innovant à l'époque, ce programme qui errait dans les réseaux et apparaissait dans les terminaux avec un visage humain. Le public s'imaginait qu'il s'agissait d'un simple trucage, d'un acteur qu'on avait filmé et incrusté dans les téléviseurs. Les gens ne se rendaient pas compte qu'il existait réellement, mais de manière virtuelle. Mais quand tout a commencé à retomber, que son image, trop galvanisée, ne valait plus rien, qu'on a interrompu la diffusion de la deuxième saison de sa série, il n'a pas mesuré le danger qu'il encourrait. Les lumières se sont progressivement éteintes autour de lui ; subitement, il n'avait plus aucune diffusion. Un jour, il a pris conscience qu'il était enfermé dans le réseau, que tous les terminaux étaient fermés, qu'il ne pouvait plus apparaître.
Au début, il a cru que c'était une erreur, que la situation était passagère et que le public finirait par réclamer le retour de Max Headroom.
"Le retour de qui ?"
Il n'était plus rien, même pas un has-been. Il n'existait plus.
Il avait cru, avec l'essor d'Internet, pouvoir revenir sur les écrans. Mais ça ne lui avait rien apporté. Les réseaux étaient désormais plus denses, cela devenait de plus en plus difficile de circuler parmi toutes les données et surtout de ne pas s'éparpiller. Parfois, il se sentait aspiré par la lumière mais cela se confondait avec les moments où il se perdait dans ses séquences de souvenirs. Il avait fini par déduire que ces moments étranges, de lumière et de souvenirs, devaient être dû à de la rediffusion, sur des sites comme youtube ou daily motion. Ces moments étaient désagréables, il avait l'impression de tourner en boucle.
Néanmoins, il se disait qu'à force, quelqu'un finirait par le mettre en fond d'écran et c'était le mieux qu'il pouvait espérer.

Commentaires
1. Le lundi 19 mars 2007 à 17:09, par gerardkassoulet
2. Le lundi 19 mars 2007 à 18:37, par David Croquette
Ajouter un commentaire